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Des femmes qui tombent - Pierre Desproges

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A Cérillac, petit village rural, la vie s'écoule paisiblement. Jusqu'au jour où Adeline Serpillon est retrouvée morte, et où de mystérieux moustiques se mettent à semer le trouble. Ou plutôt la mort. Et uniquement chez les femmes. On quitte vite le simple roman policier pour s'embarquer dans une aventure rocambolesque et absurde, où les portraits des personnages sont féroces, cruels, hilarants.
Bref, c'est du Desproges.

On retrouve dans ce roman l'humour grinçant et décapant de son auteur et surtout, son amour des mots. Un vrai plaisir.

Le mieux est encore de l'écouter en parler lui-même !

Pierre Desproges a été un auteur prolifique et pourtant, il n'a écrit qu'un seul roman. Dommage.

 

Extrait de l'ouvrage, pour vous donner un aperçu...

Adeline Serpillon appartenait à cette écrasante majorité des mortels qu'on n'assassine pratiquement jamais.

Elle n'avait pas d'argent, pas d'amour, pas de haine, pas d'attraits. Ses convictions politiques l'amenaient à conspuer le prix du gaz, rarement au-delà. Elle était moyenne avec intensité, plus commune qu'une fosse, et d'une banalité de nougat en plein Montélimar. Hormis le chat gris mou qui dormait sur le lit, personne ne se retournerait sur elle, et encore moins dessous. Depuis quarante ans, elle rapetissait à petits pas derrière le comptoir de bois ciré de sa mercerie qui sentait le miel et la sciure fraîche, sans qu'on la prît jamais en flagrant délit de bonne ou de mauvaise humeur.

(...) Ainsi paraissait-il improbable à chacun qu'Adeline Serpillon mourût un jour assassinée. (...) Malgré le grand couteau à viande qui l'avait saignée à blanc en la perforant du plexus au nombril, et qui restait planté là, dans son ventre triste, elle conservait dans la mort cet air con des mercières mesurant l'élastique à culottes.

(...) Cérillac ne manqua pas de s'émouvoir considérablement à la nouvelle saugrenue de la mort violente de sa mercière. Passé les premiers frissons d'horreur, une bruissante fébrilité de jour de foire, à la limite de l'indécence, s'empara du village. Ainsi, pour qui s'emmerde au trou perdu, la mort du voisin ranime toujours un peu la vie, mettant la joie dans les chaumières où le père noue sa cravate noire des cimetières en fredonnant des javas usées.

 

Ce titre est disponible dans l'anthologie Tout Desproges, qui rassemble tous les textes de l'humoriste-journaliste-écrivain.

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